CONAKRY – Les Présidents de la Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone ont privilégié le règlement pacifique de leur différend frontalier, à l’issue d’un sommet régional des pays de l’Union du fleuve Mano tenu à Conakry ce lundi 16 mars 2026
Réunis autour du président du Président Mamadi Doumbouya, ses homologues libérien Joseph Nyuma Boakai et sierra-léonais Julius Maada Bio ont privilégié « le dialogue, la concertation et les mécanismes africains de prévention des conflits » pour apaiser les tensions liées à la délimitation de certaines zones frontalières.
Dans un communiqué conjoint, les trois chefs d’État ont annoncé la mise en place d’un comité technique tripartite chargée de poursuivre les travaux de délimitation et de matérialisation des frontières communes, avec l’appui d’experts en cartographie et en droit international. Ce mécanisme devra « produire des propositions consensuelles dans un délai raisonnable », selon le communiqué.
Ils ont également convenu d’un moratoire sur toute activité susceptible d’exacerber les tensions dans les zones contestées, notamment les initiatives unilatérales d’exploitation de ressources naturelles ou de déploiement sécuritaire non concerté.

Afin de consolider la confiance entre les communautés frontalières, le sommet a recommandé le renforcement des patrouilles mixtes et la relance des cadres locaux de dialogue, impliquant autorités administratives, chefs traditionnels et organisations de la société civile.
Les trois pays ont en outre sollicité l’accompagnement de partenaires régionaux et internationaux, notamment la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine, pour soutenir le processus technique et garantir le respect des engagements pris.
Dans un contexte marqué par des incidents sporadiques dans certaines localités frontalières, les Présidents ont insisté sur « la nécessité de préserver la paix et la stabilité dans l’espace du fleuve Mano », soulignant les liens historiques, économiques et sociaux qui unissent les populations des trois États.
Il faut noter que ce sommet de Conakry marque une nouvelle étape dans les efforts de coopération régionale pour prévenir toute escalade et parvenir à une solution durable à un différend ancien, dans une zone où les frontières restent parfois imprécises héritées de la période coloniale.