Les États-Unis ont officiellement finalisé leur retrait de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a annoncé jeudi l’administration Trump, un an jour pour jour après la signature par le président américain du décret lançant la procédure.
La décision a été confirmée conjointement par le département d’État et le ministère américain de la Santé et des Services sociaux (HHS). Un haut responsable de ce dernier a estimé que l’agence onusienne « ne remplissait plus sa mission fondamentale » et qu’elle avait, à plusieurs reprises, adopté des positions « contraires aux intérêts des États-Unis en matière de protection sanitaire ».
L’administration américaine reproche notamment à l’OMS sa gestion de la pandémie de Covid-19, lui imputant un manque de réactivité dans la reconnaissance de l’urgence mondiale. Washington estime également avoir été injustement critiqué pour certaines décisions prises au début de la crise, comme les restrictions d’entrée imposées à des voyageurs en provenance de pays étrangers.
Le HHS dénonce par ailleurs un déséquilibre financier au sein de l’organisation, soulignant que les États-Unis ont longtemps été son principal contributeur, tandis que d’autres pays, dont la Chine, verseraient des montants inférieurs. Il regrette aussi qu’aucun citoyen américain n’ait jamais dirigé l’OMS malgré l’ampleur des financements fournis par Washington.
Ce retrait suscite de vives inquiétudes parmi les experts en santé publique. Plusieurs estiment qu’il affaiblira la capacité des États-Unis à anticiper et gérer les crises sanitaires internationales. « Quitter l’OMS, c’est se priver d’un outil essentiel de surveillance des menaces émergentes, comme Ebola, ou des épidémies saisonnières de grippe », a déclaré Ronald Nahass, président de la Société américaine des maladies infectieuses, cité par ABC News.
Selon lui, cette décision pourrait également compromettre l’adaptation des vaccins aux nouvelles souches virales. « La coopération mondiale n’est pas un choix politique, c’est une nécessité biologique. Les maladies ne respectent pas les frontières », a-t-il insisté.
De son côté, le HHS assure que les États-Unis resteront engagés dans la santé mondiale, rappelant que plus de 2 000 agents américains sont déjà déployés dans 63 pays et que de nombreux accords bilatéraux existent. Des mécanismes alternatifs seraient en préparation pour garantir la surveillance, le diagnostic et la réponse aux épidémies.
Selon les règles des Nations unies, tout État souhaitant quitter l’OMS doit respecter un préavis d’un an et s’acquitter de ses cotisations. Si Washington a bien respecté le délai, l’ONU indique toutefois que les États-Unis doivent encore plus de 270 millions de dollars à l’organisation pour la période 2024-2025, une dette que l’administration américaine conteste, invoquant la Constitution de l’OMS adoptée en 1948.
Un porte-parole de l’OMS a indiqué que la question serait examinée lors de la prochaine réunion du Conseil exécutif, prévue début février, et que le Secrétariat agirait « conformément aux orientations des États membres ».
Enfin, le ministère américain de la Santé a précisé qu’aucun projet de réintégration, ni même de participation en tant qu’observateur, n’était à l’étude. Une position qui pourrait peser sur la prochaine réunion internationale sur la vaccination antigrippale, traditionnellement pilotée par l’OMS avec un rôle central des États-Unis.