Conakry – Alphonse Charles Wright a officiellement pris fonction ce jeudi 9 avril à la tête du parquet spécial de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF)
Dans son discours de passation de service avec le procureur sortant Aly Touré, Charles Wrigth a insisté sur la primauté de l’intérêt général et la nécessité d’une justice indépendante. « Il n’y a pas deux commandants dans un même bateau, il n’y a pas plusieurs centres d’intérêt et de commandement. Vous n’avez d’ordre à recevoir que de la justice », a-t-il déclaré, en s’adressant aux magistrats et aux services d’enquête.
Dans la même dynamique, il a évoqué la possibilité de revisiter des affaires classées, à la lumière de nouveaux éléments. « Moi, je respecte l’indépendance du juge. Mais dans l’intérêt de la loi, nous réexaminerons tous ces éléments. S’il y a des faits nouveaux de nature à engager l’action publique dans l’intérêt de la société guinéenne, je n’hésiterai pas », a-t-il assuré.
Poursuivant son intervention, Alphonse Charles Wright a élargi le champ des investigations aux marchés publics conclus au cours des dernières années. « Ces marchés publics-là, nous y reviendrons sous des injonctions qu’on a données (…) Les marchés passés en Guinée depuis 2010… Je vais rajouter maintenant 2010, 2026 », a-t-il indiqué, suggérant un audit approfondi des contrats publics.
Le nouveau procureur spécial a par ailleurs mis en garde contre toute complaisance au sein de l’appareil judiciaire. « On ne peut pas vouloir d’une chose et son contraire. Si nous voulons lutter contre la corruption, nous-mêmes, nous devrons éviter d’être corrompus. Un corrompu ne peut pas poursuivre un corrompu. Ce n’est pas possible. Vous êtes tous poursuivables », a-t-il martelé.
Pour finir, Charles Wrigth a appelé à une mobilisation rapide des structures concernées afin d’accélérer le traitement des dossiers. « Toute activité cessante… Je vais inviter l’ORDEF, je vais inviter la direction centrale de déposer tout cela le lundi à mon bureau. Nous jouons avec l’avenir de nos propres enfants. Un franc détourné, c’est une femme enceinte qui décède à Kouroussa là-bas », a-t-il conclu .